PARIS (AP) - La France sera représentée jeudi aux cérémonies de commémoration du bicentenaire de l’indépendance de Haïti par une délégation conduite par le député Edouard Landrain, qui préside le groupe d’amitié France-Haïti à l’Assemblée nationale, a annoncé mercredi le Quai d’Orsay. La délégation française, au sein de laquelle ne figure aucun haut responsable, comprendra également le vice-président du groupe d’amitié, le député Jean-Louis Bernard, et sera accompagnée par l’ambassadeur de France en Haïti, Thierry Burkard. Le 1er janvier 2004 marque le 200e anniversaire de la victoire des anciens esclaves de Haïti sur les troupes napoléoniennes. C’est en effet le 1er janvier 1804 que la révolution initiée par Toussaint Louverture avait abouti à l’indépendance de ce pays, « première république noire » de l’histoire. Alors que ces célébrations sont ternies par les affrontements sanglants intervenus au cours des derniers mois entre partisans et opposants du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, Paris »déplore » ces violences qui ont entraîné la mort d’une trentaine de personnes depuis septembre. »Nous renouvelons notre appel aux autorités haïtiennes, à l’opposition et aux membres de la société civile à faire preuve de la plus grande retenue et de civisme », a souligné mercredi le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous. »La France participe activement aux efforts de la communauté internationale pour aider la population haïtienne à sortir de la misère. Nous avons ainsi consacré 200 millions d’euros ces dernières années à l’aide au développement de Haïti », a-t-il ajouté, notant qu’il « appartient à Haïti de faire le meilleur usage de cette aide ». Quant à savoir si Paris a été officiellement saisi de la demande de restitution de 21 milliards de dollars évoquée par le président Aristide à titre de réparations pour les préjudices causés par l’esclavage, le porte-parole a répondu par la négative. Selon lui, « la question ne se pose pas, dans la mesure où le dossier de l’indemnisation des anciens colons de la partie française de Saint-Domingue a été réglé par plusieurs traités et conventions conclus au XIXe siècle entre les autorités légales d’Haïti et de la France ». De fait, a-t-il ajouté, « ce dossier est clos depuis 1885 ». C’est à l’occasion du bicentenaire de la mort de Toussaint Louverture, le 7 avril dernier, que M. Aristide avait demandé à la France de restituer l’équivalent de ce que le président haïtien Jean-Pierre Boyer avait dû verser en 1825 à l’ancienne puissance coloniale. »Parce qu’en 1825, sous le gouvernement de Boyer, nous avons dû payer 90 millions de francs or à la France, aujourd’hui nous réclamons au moins la valeur capitalisée pour l’année 2003, soit 21.683.135.571,48 dollars », avait déclaré Jean-Bertrand Aristide, président élu en 1990, après Duvalier, déposé par un coup d’Etat militaire en 1991, puis réélu en 2000.